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C'est le temps des amours !

sam, 04/02/2017 - 11:42

Au printemps les sauvaginiers préparent déjà leur prochaine saison de chasse. Un évènement majeur monopolise leur attention : la reproduction de leurs appelants ! Partons ensemble pour un voyage au pays des canards amoureux.

Depuis début février, les sauvaginiers de France ont, fermeture oblige, désertés leurs huttes, leurs gabions ou encore leurs tonnes. Sagement, ils ont rangé les armes au râtelier et ont rapatrié les appelants en lieu sûr. Depuis que la chasse est fermée, il n’est plus qu’une chose qui les obsède : la reproduction de leurs chers canards ! En parcourant le web, vous remarquerez que chacun a son avis et ses idées concernant cette période cruciale pour les éleveurs. Pourtant, la reproduction des appelants en parc n’a rien de sorcier si l’on respecte quelques règles de base.

La saison de reproduction se prépare sitôt que celle de la chasse est terminée. En effet, nos appelants qui nous ont rendu de fiers services d’août à février, ont besoin d’une petite cure de remise en forme afin de se refaire une santé. Les nuits d’hiver dans le froid et le vent les ont quelque peu affaiblis et il convient donc d’être aux petits soins avec eux afin qu’ils rechargent leurs batteries au plus vite. Pour qu’ils se requinquent, un apport en vitamines est vivement conseillé. Personnellement, j’utilise une poudre (Form-Mix-Plus) destinée aux pigeons car elle est pratique à utiliser. Pour un kilo d’aliments, j’ajoute une cuiller à soupe de poudre et j’effectue la liaison avec une cuiller à soupe d’huile d’olive. Mes canards en sont littéralement fous et ils se précipitent vers l’agrainoir dès lors que la mixture est servie. En ajoutant à ce complément du calme et de l’eau propre, les oiseaux retrouvent rapidement la totalité de leurs moyens. Pensez également à vermifuger vos canards si cela n’a pas été fait en cours de saison. Outre les aliments vermifuges et depuis la disparition regrettable du Palmicaps, c’est le Teniverm des laboratoires Moureau qui semble le mieux adapté à nos oiseaux (1 gélule pour 500 gr de poids).

Une sélection rigoureuse

Si malgré toute votre attention, certains appelants ne se sont pas suffisamment remis, il serait surprenant qu’ils soient aptes à nicher ce printemps. Si vous le pouvez, il est conseillé de les écarter du reste du groupe afin qu’ils soient en paix loin du tumulte et des bagarres inhérentes à la saison des amours. A mon sens, il convient également de séparer les oiseaux trop méfiants car leurs allers-retours incessants contre les clôtures du parc peuvent être sources de stress pour leurs congénères plus calmes.

En matière de parcs destinés à la reproduction deux écoles s’affrontent. Alors que certains spécialistes sont adeptes des petites structures où ils placent peu d’oiseaux, d’autres laissent tout leur jeu d’appelants dans le même parc. Le gros avantage de la première façon de procéder est le contrôle des couples. Les canes ont leur mâle attitré et les risques d’hybridations non désirées se réduisent comme peau de chagrin. Par contre, l’inconvénient est de séparer un jeu de canards qui fonctionne bien pendant la saison de chasse. J’ai repris l’élevage l’an passé et j’avais dans un premier temps choisi cette option mais je suis revenu en arrière quand j’ai constaté que mes oiseaux ne voulaient pas s’accoupler et qu’ils s’obstinaient à sauter de parc en parc. Une fois les séparations enlevées, les oiseaux réunis se sont accouplés en l’espace de 15 jours tout simplement par jalousie. Il me faudra dans quelques temps surveiller qu’un chipeau ou un pilet chaud comme la braise ne vienne pas grimper une cane d’une autre espèce que la sienne. Je ne sais combien de « piffleurs » ou de « chilets » naissent chaque année mais il est certain qu’ils ne représentent pas d’intérêt pour la chasse. Gare aussi aux mâles mignons qui sont de véritables coureurs de jupons. A vous de choisir l’option que vous préférez mais il sera important de s’y tenir. Pendant la repro, il est hors de question de faire des travaux dans le parc ou de se lancer dans de folles course-poursuites avec une épuisette à la main.  

De l’eau claire en permanence

Si vous désirez avoir un tant soit peu de réussite pendant la repro, il est obligatoire que vos parcs soient propres. Bien que les canards adorent fouiller dans la boue, ils ont besoin d’une hygiène irréprochable afin de demeurer en bonne santé. Herbe (idéal quand cela est possible), galets ou sable, choisissez ce que vous voulez mais la propreté est gage de réussite. Il en est de même pour l’eau de vos bassins. En période de reproduction plus que jamais, il faut que celle-ci soit la plus claire possible. Nos oiseaux adorent quand leur eau est changée et ils nous le font remarquer en plongeant et en s’ébrouant. C’est aussi là que le coït a généralement lieu donc il est conseillé, du mois de mars jusqu’à la fin du cycle, de renouveler l’eau au moins tous les deux jours. Ce conseil ne s’applique évidemment pas aux chanceux possédant un système de renouvellement automatique ou un point d’eau faisant office de mare naturelle.

Avec la reproduction vient souvent le temps d’un changement dans l’alimentation. Le granulé entretien est remplacé par un granulé spécial reproduction. De nombreuses marques existent et il est bien difficile de faire son choix au sein de cette jungle mercantile. En fait l’aliment repro est sensiblement proche de l’aliment entretien mais il est enrichi en protéines sensées stimulées les fonctions de production des oiseaux. Avant d’acheter un sac, il faut tout de même se pencher sur la composition.

« L’alimentation reproduction est enrichie en minéraux, précise Marc-Antoine Ringot, éleveur averti dans le nord de la France. Elle est également plus riche en protéines. Cela aide à favoriser le travail des glandes hormonales stimulant le cycle de reproduction. »

Il est important de ne pas jouer aux apprentis sorciers en distribuant aux canards des substances dont on ne maitrise pas les effets. A titre d’exemple, la mode est à l’administration d’huile de foie de morue sensée stimuler la reproduction des anatidés. Avez-vous déjà vu un canard manger du poisson ? Non et personne ne connait les possibles effets secondaires d’une telle mixture. S’il vous parait nécessaire de donner un coup de pouce supplémentaire à vos appelants, l’huile de germe de blé (Ferti-Oil – Versele Laga) semble plus indiquée. Ce sont, encore une fois, les colombophiles qui ont mis au point ce produit destiné aux oiseaux que l’on trouve facilement en animalerie.

Certains déclarent que les siffleurs ne nichent pas la première année mais cette affirmation est fausse. Si vos oiseaux sont sains et au calme, ils peuvent très bien se reproduire dès leur premier printemps. Cette espèce habituée à pâturer a besoin d’herbe pour être au top de sa forme mais il est bien difficile de préserver une pelouse dans un parc. Une petite astuce consiste tout simplement en leur donnant de la verdure quelques fois dans la semaine. Personnellement, mon légumier me garde toutes ses vieilles salades pour le plus grand bonheur de mes siffleurs mais aussi de mes chipeaux.

« Repro trop tôt, repro d’brico »

Avant d’installer les nichoirs, il est nécessaire de se débarrasser de l’ennemi numéro 1 des parcs : le rat. Cet opportuniste est un véritable fléau pendant la repro. Œufs ou canes, il ne recule devant rien pour se nourrir. Même si ces maudits rats ne s’en prennent pas à vos oiseaux, ils n’ont rien à faire dans vos parcs car dans un premier temps ils véhiculent tout un tas de maladies et ils stressent les appelants. Pour se débarrasser de l’envahisseur, il n’y a qu’une seule technique : ne jamais relâcher la pression. Quand la législation vous le permet, les boites à fauve doivent rester tendues, tout comme les tapettes. Si vous avez choisi l’option raticide, veillez à en disposer en permanence. Quoi qu’il en soit, plus votre parc sera propre, moins vous serez embêtés.

C’est la mise en place des nichoirs qui sonne le réel début de la saison des amours. L´entrée en période de reproduction est majoritairement dictée par la longueur des jours (ou la photopériode considérée comme facteur ultime) mais la date et la taille de la ponte ainsi que l´incubation et la date d´éclosion sont fortement dépendantes des facteurs météorologiques. Voilà pourquoi il ne sert à rien de placer trop tôt les nichoirs dans le parc. « Repro trop tôt, repro d’brico » disent même certains chasseurs chevronnés. Nous vous conseillons de disposer les nichoirs au cours de la dernière quinzaine de mars et de passer en même temps à la distribution de l’alimentation spéciale reproduction. Si pour les colverts et les oies, n’importe quel type de nichoirs semble convenir, la sauvagine préfèrera les nichoirs à chicane en bois. En effet, ces oiseaux se sentent plus en sécurité à l’abri dans leur chambre de ponte agrémentée d’un peu de foin. Les nichoirs à chicane permettent également à la cane de repousser un envahisseur plus facilement. Si vous êtes arrivés à conserver de la végétation dense dans votre parc, installez les nichoirs à l’intérieur sinon il est possible de créer des ilots de végétation à l’aide de branches de tuyas par exemple.

Ne pas mettre la main dans le nid

Quoi qu’il en soit, évitez de placer les entrées face aux vents dominants. Concernant la taille des nichoirs, les avis divergent. Si certains adaptent leurs boites à la taille des oiseaux, d’autres préfèrent les nichoirs polyvalents avec une entrée de 150mm. Ainsi, ce sont les canes qui choisiront là où elles veulent pondre. Il convient également de placer plus de nids que le nombre de reproductrices en votre possession. Avoir deux canes qui se disputent le même nichoir n’est vraiment pas favorable à l’obtention de bons résultats. Bien qu’il soit judicieux de laisser les oiseaux en paix pendant toute la période de repro, optez pour des nichoirs à toit ouvrant afin de ne pas avoir à mettre la main dans le nid si vous voulez les contrôler. Profitez-en pour vérifier si les mâles, toujours en rut, n’essayent pas de sortir leurs belles des nichoirs. Dans ce cas, il vous faudra déplacer ces messieurs trop entreprenants. Pensez également à noter sur le nichoir (craie ou crayon) la date supposée du début de couvaison. Cela vous servira à savoir quand la nichée doit voir le jour.

Une fois œufs éclos, il est de temps de tout mettre en œuvre afin que les canetons poussent correctement. Evidemment, il ne faut pas les laisser courir dans le parc au milieu des autres oiseaux qui n’aiment vraiment pas les intrus et sont capables de les tuer. Le mieux est de fabriquer des petits parcs provisoires où vous placerez un point d’eau peu profond, un abri ainsi qu’un agrainor rempli d’aliments pour les poussins. Le temps venu, n’oubliez pas de glisser une bague réglementaire à la patte de vos petits protégés. Tous les conseils que nous venons de vous donner sont destinés aux chasseurs et non pas aux éleveurs professionnels chevronnés. Il existe autant de combines qu’il existe de sauvaginiers et il faudrait donc une encyclopédie en deux volumes pour toutes les référencer. Cependant, si vous suivez ces recommandations de base, vous aurez à coup sûr quelques petits. Nous en profitons pour vous souhaiter une excellente saison de reproduction en compagnie de vos chers appelants.

 

David Magnan

Informations utiles

Espèce

Date de ponte

Nombre d’œufs

Temps d’incubation

Canard colvert

Dès la fin de l’hiver

12 et +

28 jours

Sarcelle d’hiver

Avril à juin

De 8 à 10

21-23 jours

Siffleur d’Europe

Avril à fin juin

De 6 à 10

25 jours

Pilet d’Europe

Avril et mai

De 7 à 12

22-24 jours

Canard chipeau

Avril et mai

De 8 à 12

24-26 jours

Fuligule milouin

Avril-mai-juin

De 5 à 12

27-28 jours

Oie cendrée

Avril - mai

De 4 à 9

27-29 jours

Oie rieuse

Mai – juin

De 5 à 7

27-28 jours

Oie des moissons

Mai- juin

De 4 à 6

27-29 jours

Encadré – Gare à Internet

Juste avant la période de reproduction, nous sommes nombreux à chercher un mâle ou une cane manquante. Généralement nous nous précipitons sur le net afin de dénicher la perle rare. Attention, quelques petits malins en profitent pour se débarrasser de leurs mauvais oiseaux et dans l’urgence il est facile de tomber dans le panneau. Ne nous voilons pas la face, les chasseurs ne vendent pas leurs stars avant la saison de reproduction. Tournez vous plutôt vers votre réseau de copains car il est bien possible que l’un d’entre eux ait un canard ou deux en trop. Nous savons aussi que les nordistes aiment aller se servir en Belgique ou en Hollande. Ces deux pays comptent de nombreux éleveurs d’oiseaux compétents mais aussi de simples revendeurs peu scrupuleux. Certes les prix proposés par ces derniers sont plus intéressants mais souvent la qualité des oiseaux est moindre. Bien souvent, leur combine consiste à revendre des canards de rattrapage. Si vous achetez des oiseaux hors de nos frontières ou en provenance de ces pays, vérifiez bien qu’ils soient bagués à la bonne taille et non pas au diamètre supérieur car cela peut indiquer qu’ils ont été bagués à l’âge adulte.   

Attention au retour du froid !

Le retour du froid est une chose rare mais qui peut arriver en pleine saison de reproduction. Les anciens vous diront que l’on est jamais à l’abri d’une bonne gelée jusqu’au passage des Saints de glace (11,12 et 13 mai). Jetez donc un œil sur la météo et ramassez les œufs en cas de coup de froid. Attention, on ne parle pas d’une petite gelée matinale de printemps mais bel et bien d’un vrai coup de froid. Ne dérangez pas la cane au nid mais il convient de mettre les œufs non couvés à l’abri. Une fois le temps redevenu plus clément, tentez de remettre les œufs dans leur nid, bien qu’il ne soit pas certain que la cane y revienne, ou placez-les en couveuse à moins que vous n’ayez une poule naine (excellente couveuse naturelle) sous la main.

Article paru dans le magazine Nos Chasses de Migrateurs - Abonnement en ligne à l'adresse suivante : http://www.noschasses.fr/content/nos-chasses-de-migrateurs-0

Vos commentaires

cela semble vraiment le B-A-BAS de tous ceux qui veulent obtenir leur meilleure sujet.PAR contre on voit rarement de sujet sur les maladies qui peuvent contrarier la repro. J'aimerai bien des infos sur le sujet.

Soumis par havart francis (non vérifié) le jeu, 14/05/2015 - 11:13

Oui c'est effectivement les règles de base agrémentées de quelques astuces. Les maladies spécifiques à la repro... Citez m'en une ?

Soumis par Benjamin Basset le jeu, 14/05/2015 - 11:37

actuellement j ai des excréments liquide et verdatre blanchatre. j'ai vermifugé pour commencer

Soumis par havart francis (non vérifié) le jeu, 14/05/2015 - 17:06

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